22 mai 2006
Passages-1
Armand regardait l’homme en face de lui, qui avait branché le magnétophone. Avec sa tenue noire, ses cheveux longs et sa barbe méphistophélique, il était sans doute à l’image des lecteurs du magazine qui l’employait. La photographe le flasha encore une fois. Ses vêtements étaient noirs aussi mais c’était son seul signe d’appartenance à « Dark miror, revue de musique et de culture underground ».
- Vous avez donc commencé par des animations musicales dans des bars, dit le journaliste. A ce moment-là, personne ne semblait sensible à votre talent.
- A l’époque, répondit Armand, je pouvais quelquefois glisser entre deux morceaux une composition personnelle, mais on me demandait surtout de jouer du Nirvana, ou les Doors, suivant l’âge du public. Enfin, de toute façon, mes morceaux n’étaient pas très intéressants. Mais j’avais beau jouer tout ce qu’on me demandait, les affaires marchaient mal.
- Pourtant, vous êtes devenu un vrai phénomène musical. Et vous avez atteint les sommets très vite, finalement…Personne n’avait remarqué vote talent, lorsque vous jouiez une de vos compositions dans les bars ?
- C’est ce que je me suis engagé à vous raconter aujourd’hui. En fait mon seul vrai point commun avec Kurt Cobain et Morrison était la défonce, mais je n’avais pas de quoi me payer de la coke ou de l’héroïne, même pas du shit. Je devais me contenter de la boisson que les patrons me fournissaient gratuitement et à volonté, c’était déjà ça. Alors malgré tout je prenais du plaisir à jouer. Ca ne me rapportait pas grand chose, juste de quoi payer le loyer de mon studio, manger à peu près correctement. Un autre avantage, et non des moindres, à cette vie d’artiste au rabais, c’est qu’il y avait souvent des filles plutôt sympas et pas farouches pour admirer le chanteur qui interprétait « Smell like teen spirits » ou « Jumping jack flash » voire « Johnny be good ». Je leur laissais mon numéro et elles me rappelaient le lendemain…Ce n’étaient que des aventures, je dois dire que je ne leur en demandais pas plus. Elles étaient en général gentilles, mais pas ce qu’on cherche comme partenaire à long terme…Je n’avais pas eu de liaison stable depuis pas mal de temps, est-ce que j’en cherchais une, je ne m’en souviens même plus.
La photographe saisit l’expression de son visage, alors qu’il prononçait ces mots. Elle prit la parole, pour la première fois de la soirée.
- Armand Stell, la fascination qu’exerce votre musique sur le public est unique. Vous laissez bien loin derrière Nirvana, les Doors, Radiohead, chacun dans leur genre, sans user d’aucun effets spéciaux, ni de mise en scène. Les spécialistes, pas seulement dans la presse musicale, se perdent en conjoncture pour expliquer ce que vos créations provoquent. Pourtant votre période de vache maigre n’est pas si lointaine. Un jour vous sortez un premier album et vous faites très vite la couverture aussi bien des Inrockuptibles que de Télérama…
Son collègue au magnétophone lui jeta un coup d’œil irrité, du genre « Hé ! C’est moi qui interview !…» La jeune femme rougit. Elle n’avait sans doute pas put s’empêcher de s’adresser à celui qu’on appelait déjà « Le barde » ou « Le mage ».
- J’ai promis de dévoiler le mystère, en exclusivité pour « Dark miror » dit Armand. Mais je crois que vous aurez du mal à gober l’histoire. Au moins elle plaira au public…
C’était dans un café-concert, vers la rue Montmartre, que je l’ai vue pour la première fois.
- Qui donc ?
- Elle ne semblait guère plus âgée que votre collègue photographe (L’intéressée rougit à nouveau) Vingt-cinq ans, peut être. Elle était attablée, seule, devant un verre de bière et portait une robe à volant un peu comme en mettent les… (Il sourit au deux reporters) les goths, sauf qu’elle n’avait rien d’une gothique, sa robe était blanche. Ses poignets étaient ornés de pas mal de bracelets, et son cou d’un collier d’or travaillé dans des formes végétales. Brune aux yeux violets, elle détonnait étrangement avec l’environnement, sans que je saisisse bien pourquoi, à tel point que, pendant que j’entonnais « Come as you are » je la fixais en me demandant pourquoi cette impression. Déjà, une femme seule, dans ce café, la nuit, n’était pas ordinaire. Les autres étaient en couple ou en groupe, ou bien c’étaient des habituées. Mais pour solitaire qu’elle fut elle n’avait pas l’air d’une paumée qui écume les bars en quête de compagnie. Au contraire, elle ne cherchait visiblement pas les contacts, et se tenait à l’écart. Ce n’était pas non plus une marginale : une certaine prestance la différenciait des autres. Je remarquais qu’aucun des hommes présents, pourtant passablement éméchés, n’avait essayé de l’aborder. A part le garçon du café qui l’avait servie, tout le monde semblait l’ignorer. Et ses yeux rencontrèrent les miens.
Elle soutenait mon regard. En général les filles, dans ces cas-là, avaient des sourires provocants ou timides. Certaines me détaillaient d’un air admiratif, (excusez-moi, il parait que je suis pas mal de ma personne) ou insolent. Aucune émotion semblable chez la femme en blanc. Elle était juste attentive. Je venais de terminer le morceau de Nirvana, et sans attendre qu’on me demande autre chose (Quoi encore ? « About a girl » ? « Lithium » ?) Je me lançais dans un
morceau perso. « Pour toi » Pensais-je en fixant la dame. Et j’avais l’impression qu’elle comprenait.
Je m’accordais des pauses au long de ces soirées, ou plutôt de ces nuits à jouer, et là je saisis l’occasion. J’avais à peine lâché ma guitare que je me dirigeais vers la table de la belle solitaire. Je l’abordais avec un très classique : « Je ne vous ai jamais vue ici… », Mais sa réponse fut simplement : « J’ai bien aimé ton dernier morceau ». Un peu désarçonné par le tutoiement que je n’attendais pas, je bafouillais :
- Ha bon, vraiment ? C’est de moi, vous savez…
- Je sais !
Pour la première fois elle me sourit.
- Mais, si tu veux bien me laisser toucher à ta guitare, je voudrais te montrer quelque chose…
Elle n’avait pas attendue de réponse pour se lever et se diriger vers la scène. Les pas qu’elle faisait…Comment expliquer ? Ils étaient beaux. Comme était beau le léger balancement de son corps en marchant. Je me disais qu’elle devait pratiquer un sport, ou la danse. Mais je semblais toujours le seul à lui prêter attention. Avec la même grâce elle s’assit sur une chaise prés de la scène (Mon Dieu, son simple geste de ramener sa robe sous elle en s’asseyant !) Ma Fender en main, et y fit courir ses doigts. De mémoire, elle en tira un thème du morceau que je venais de jouer.
- Ecoute…Tu pourrais l’interpréter comme ça…
Elle le rejoua, mais en le transformant. C’était bien ma musique pourtant, mais…
Armand cherchait ses mots. Il fixa les deux reporters :
- Je ne peux qu’user d’une métaphore : ce que j’avais écrit était une chenille qu’elle venait de changer d’un coup en papillon. En entendant sa version, des souvenirs, des images se mirent à affluer à ma mémoire. En fait j’étais incapable de dire pourquoi j’écrivais telle ou telle musique, par quel cheminement inconscient se formaient les mélodies…Souvent des associations d’idées qui disparaissaient aussi vite qu’elles venaient au cours du processus de création. Là, tout d’un coup, je revivais ce processus. Je me retrouvais plongé dans des sensations de l’enfance, qui m’avaient inspiré, peut-être de la petite enfance, et même des choses hors du temps…La madeleine de Proust à la puissance mille ! En même temps j’étais bien, en accord avec le présent comme avec le passé. Est-ce que vous saisissez ?
Ce fut la photographe qui répondit :
- Je pense que oui. Vos œuvres provoquent cela chez le public : une sorte de douce nostalgie, des souvenirs d’un temps qu’on a pas vraiment connu mais qu’on peut rapprocher des plus heureux de son passé.
- Oui. Et ce morceau se trouve sur mon premier album, il s’appelle « L’age d’or ». Je venais d’être dégrisé de tout l’alcool que j’avais bu dans la soirée. Après m’avoir ainsi abasourdi, elle me tendit l’instrument en souriant à nouveau et retourna à sa table, comme pour m’inciter à continuer le spectacle. Mais j’étais trop bouleversé par ce qu’elle avait fait de ma musique pour enchaîner sur un standard du rock, et je rejouais le même morceau, dans sa version cette fois. Je vis les expressions des visages changer dans la salle. Les fêtards devenaient attentifs à ce que je tirais de ma Fender. Mon premier succès en public, en quelque sorte !
- Mais…dit le journaliste en noir, elle n’avait joué qu’une petite partie de votre composition…Vous avez pu la reprendre entièrement à sa façon ?
- Voilà encore une chose inexplicable…Enfin, s’il n’y avait eu que celle là ! Ce n’était que le début… J’étais complètement rivé sur elle, Je ne voyais plus personne d’autre. Un peu comme si ce concert avait été juste pour cette femme. Et mystérieusement, elle me guidait. Vous allez me demander comment…Ho, par des gestes très discrets de ses mains, de ses doigts, à la manière d’un chef d’orchestre.
- Une vraie muse, alors !
- Attendez ! Il y avait bien sûr des changements dans la mélodie qu’elle ne pouvait normalement pas m’indiquer comme ça. Et pourtant…Je la comprenais ! D’un coup d’œil, d’un mouvement de tête…En fait, j’avais l’intuition que c’était sa seule présence qui me révélait ma propre musique, à la façon dont la présence d’ultraviolet ou je ne sais quoi peut révéler des choses invisibles à l’œil nu…Et j’ai continué comme ça, à reprendre mes propres créations, et à la regarder, elle, qui en silence me permettait de les transformer. Plus personne ne me demandait les Doors ou les Rollings Stones ; c’était ma musique qu’on écoutait. Enfin, ma musique avec Elle. Je n’ai plus rien bu de la soirée, je voulais être lucide et j’avais peur que l’alcool ne brise le fil invisible qui me reliait à elle.
Comme l’heure de la fermeture approchait, je remerciais chaleureusement le public, et plusieurs personnes s’approchèrent de moi pour me dire qu’elles avaient été bouleversées autant qu’exaltées par le spectacle. Moi-même, j’étais entre l’euphorie et les larmes, bien plus saoul que si j’avais continué à m’abreuver de bière, et ému de ce que j’avais pu produire grâce à cette inconnue en robe blanche. En regardant dans sa direction, je l’aperçus me sourire encore une fois et gagner la porte, de sa démarche si inexplicablement charmante. La panique me submergea soudain, à l’idée que je ne la reverrais peut-être jamais. Non, je ne pouvais pas la laisser filer comme ça, emportant avec elle ce qu’elle m’avait communiqué cette nuit.
Je laissais là ma guitare, et je bousculais presque mes nouveaux admirateurs pour me lancer à sa poursuite. C’était le mois de juin, le jour était déjà levé et alors que je déboulais comme un fou hors du bar, je vis la tâche blanche de sa robe devant moi, dans la rue. Je courrais, mais il me semblait que, bien qu’elle avançait tranquillement, je ne pouvais arriver à son niveau. Au moment où la distance entre nous, enfin, se rétrécit, elle tourna. Contrairement à ce que je pensais, elle n’allait pas attendre le premier métro ni rejoindre sa voiture : elle s’engagea dans un passage couvert. Je crois que c’était le passage des Panoramas.
- Pourtant, l’interrompit le journaliste, si c’était très tôt le matin, les passages couverts de Paris devaient être encore fermés…
- Ca, je n’y ai pensé que bien plus tard, et vous allez voir que ce n’est pas le plus incroyable de mon récit. En tout cas la dame y était entrée et je l’avais suivie. Il était désert, éclairé heureusement par la lumière de l’aube, à travers les verrières. Le seul bruit était celui des pas de l’inconnue. Je tentais de l’appeler : « Sil vous plait ! ». Je ne voulais pas l’effrayer non plus. Elle se tourna vers moi, sans aucune crainte sur son visage, et tourna à nouveau. Une allée s’ouvrait à gauche. J’avais plusieurs fois traversé le passage des Panoramas, je ne me souvenais pas avoir remarqué cet embranchement. Mais à l’autre bout disparaissait la robe blanche, à gauche encore, et je me précipitais sans réfléchir à sa suite. Les décorations du sol avaient changées, les mosaïques formaient des dessins compliqués et assez inhabituels : volutes, arabesques, labyrinthes, tandis que les boutiques, sur les côtés, avaient fait place à des vitrines opaques, entourées de stuc aux formes végétales. Alors que je m’enfonçais dans ce dédale, je commençais à réaliser certaines étrangetés de la situation : j’avais plusieurs fois obliqué à gauche, j’étais donc en train de tourner en rond, dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. Pourtant je ne revenais pas à mon point de départ. Etait-il possible que Paris soit à ce point truffé de passages couverts, que j’y erre aussi longtemps sans en sortir ? Car logiquement, ces passages ne font que traverser des pâtés d’habitations en ligne droite et débouchent sur une grande artère. Cette sensation d’étrangeté augmenta encore lorsque je me retrouvais dans un couloir plus large, pavé de marbre, qui s’étendait, loin dans les deux sens, sans qu’aucune sortie soit en vue. De plus, à mesure que je progressais, la lumière venant des verrières m’avait paru changer, prendre une teinte dorée.
Et maintenant, je n’étais plus seul. Plusieurs hommes et femmes se trouvaient là, malgré l’heure très matinale. Ils discutaient ou marchaient tranquillement. Les femmes portaient de longues robes, les hommes des chemises larges, certaines à jabots, qui leur donnaient l’allure d’une autre époque. Leurs habits étaient de teintes tirant vers les rouges, jaune, vert, rehaussés de broderies. La première chose que je remarquais fut la grâce avec laquelle tous se mouvaient, similaire à celle de l’inconnue du bar. Où était-elle ? Je ne la voyais plus. Autre nouveauté, les boutiques qui bordaient le passage : elles étaient toutes ouvertes. J’en observais les devantures de bois sculpté aux motifs de têtes d’animaux, de plantes et de fleurs entrelacées qui étaient en elle-même des œuvres d’art. Mais leur intérieur m’intriguait : dans une d’elle, des paniers emplis de pierres de textures et de couleurs diverses. Dans une autre c’étaient des végétaux séchés, des racines…Personne ne semblait prêter attention à ma présence.
Armand interrompit un instant son récit, et se mit à rire.
- Vous verriez les têtes que vous faites ! Vous ne pensez même plus à m’interrompre pour me demander des précisons ! Alors continuez à m’écouter, vous n’êtes pas au bout de vos surprises…
Où était passée la femme en blanc ? Il ne devait même pas être six heures du matin et je me trouvais dans un labyrinthe de passages dont j’avais toujours ignoré l’existence, au milieu de personnages étrangement accoutrés, à la poursuite d’une inconnue qui savait changer le plomb de ma musique en or pur. La situation était si surréaliste que je décidais de faire comme si tout était normal, et j’errais au hasard.
Je traversais ce qu’on pourrait appeler un jardin d’hiver, rempli de fleurs que je ne connaissais pas et que je présumais tropicales. J’apercevais maintenant sur les côtés non plus seulement des boutiques, mais ce qui devait être des portes d’habitations ; certaines aux sommets arrondis comme celles de palais orientaux, d’autres rectangulaires ou en ogive. Elles étaient de mêmes couleurs que les vêtements des habitants du lieu, et décorées de clous, d’incrustations d’ivoire ou de tissus. Des gens marchaient à côté de moi et je pris conscience d’une nouvelle ressemblance avec mon inconnue ; non seulement la même beauté dans tous leurs gestes, mais la même jeunesse ; personne de plus de trente ans, pas d’enfants non plus
Un peu plus loin, une allée perpendiculaire qui s’ouvrait avait un aspect différent de celles où je tournais : sa verrière était composée d’un vitrail non-figuratif, un assemblage de carreaux de verres dans différents bleus, indigos, violets, et ce passage baignait dans un clair-obscur, contrairement aux autres bien éclairés par le jour. Les portes y étaient noires, bleues ou vertes, aux décorations de bronze et d’or. Et de ce lieu émanait une atmosphère de mystère et de gravité, comme d’une musique belle et sombre, fascinante, qui m’attira. A peine y avais-je pénétré que j’aperçus trois silhouettes se diriger vers moi et, pris d’une inquiétude soudaine, je rebroussais chemin, vers les parties plus claires.
Alors que j’allais reprendre mes déambulations sans but, et m’éloigner du passage obscur qui ne me disait soudain plus rien qui vaille, je me heurtais à deux hommes. Jusqu'à présent, j’avais évolué sans ces lieux comme si j’étais invisible. Mais ces deux là me barraient franchement le chemin et pour la première fois, ils m’adressèrent la parole :
- Tu ne veux donc pas aller par là ? dit un d’eux. Il était vêtu d’une sorte de tunique bordeau, d’un pantalon marron et portait de nombreux colliers à l’aspect vaguement indien. Une longue mèche châtain tombait sur son front.
- Excusez moi, dis-je en cherchant à passer.
Mais ils n’avaient pas l’intention de me laisser. D’autres s’étaient arrêtés autour de moi. Dans mon émotion, je notais les dentelles délicates autour des bras d’une femme qui me considérait avec d’immenses yeux bleus. Je vis aussi les nombreuses bagues aux doigts de l’homme à coté d’elle. Après avoir été transparent, je me retrouvais la cible de tous les regards. Mais rien ne trahissait leurs émotions ni leurs intentions. Je décidais de parlementer :
- Peut-être que je me trouve dans un lieu privé ? J’en suis désolé, je suis arrivé ici par hasard. Quel est cet endroit ?
- Cela fait un moment que tu t’y promènes, ta curiosité est bien tardive, dit un homme aux long cheveux noirs, en veste brune. Par contre nous aimerions bien savoir comment tu es arrivé ici…
- Je cherchais une femme, brune aux yeux violets, avec une robe blanche…Je l’ai suivie et…
- Et les portes du Sidh se sont ouvertes pour toi, bien sûr.
Ils me regardaient tous dans un silence qui devenait étouffant.
- Ecoutez, je ne sais pas moi-même comment je me suis retrouvé là. Je ne voulais pas être indiscret, alors indiquez moi la sortie et l’incident est clos….
Même si leur attitude n’était pas particulièrement menaçante, ils ne me laissaient pas partir. Un d’eux me questionna encore, sur un ton d’où ne perçait aucune émotion :
- Nous allons devoir te forcer à parler, alors…Comment es tu rentré dans le Sidh ?
Ils ne bougeaient pas, ils ne faisaient rien…Mais petit à petit l’angoisse me gagnait, allant crescendo sans raison précise …Je pense n’avoir jamais ressenti un pareil malaise, qui envahissait tout mon être. Vous avez déjà fait ces cauchemars où vous êtes en danger mais vous ne pouvez pas faire un pas pour vous enfuir ? C’était la même chose, mes membres étaient de plomb et leurs regards sur moi me broyaient de l’intérieur, ils ouvraient une faille dans ma raison, je sentais monter de mes entrailles un hurlement de folie et d’horreur…Mon Dieu ! Y penser est plus que pénible encore aujourd’hui…Et je ne pouvais pas leur répondre plus que ce que j’avais déjà dit…
(A suivre...)
© HB 2007
Commentaires
C'est Fantastique
je me suis laissée prendre à cette lecture, et je vous avoue que je n'aurais qu'une envie... une suite... toutes mes amitiés
toula
Merci Toula!
Ton commentaire me touche beaucoup...La suite dès que possible, mais elle n'est pas encore trés "claire" pour moi et j'aurais peu le temps les jours qui viennent...Mais dés que possible!
Amitiés...
Variations pour une Dame Blanche...
La revoici de nouveau, toujours traitée avec autant de brio ! Moi qui ne suis guère amateur de lectures fantastiques, j'avoue devenir accro aux tiennes Pal. Je sens que la suite va encore nous entraîner dans des mondes parallèles très intéressants.
les portes de passage... ouvrent la luciditéun peu comme le mirroir de lewis caroll. Envie de savoir commentil s est sorti de l et commentil peut apres une telle expérience rejoindre notre univers...
les portes de passage... ouvrent la lucidité un peu comme le mirroir de lewis caroll. Envie de savoir comment il s est sorti de là et comment il peut apres une telle expérience rejoindre notre univers... ( le premier contenait trop d erreurs pour un talent tel que le tien)
Isa...
En effet c'est aussi d'une dame blanche mais la signification est différente. Pour une fois je vais donner une clé de l'histoire. Il s'agit de la transposition d'un thême fréquent dans le légendes, surtout celtiques: celle du chasseur qui se lance à la poursuite d'un mystérieux animal blanc, cerf, biche ou sanglier. Il le suit à travers la forêt jusqu'à ce que l'animal (qui quelquefois se change en belle jeune fille, et qui en tout cas serait symboliquement lié à une divinté féminine) le conduise dans un autre monde...
Lionel...
Merci de ton commentaire...La suite le plus tôt possible!
Amitiés...
Super
Moi qui suis un fana de fantastique, je trouve ce premier chapitre très bon ; tous les ingrédients que j’aime sont présents. J’adore vraiment ce genre d’histoire. Et pour couronner le tout, l’écriture est excellente. Oh Maître Paladin, je me doute du travail que te coûte une telle histoire, mais par pitié (je suis à genoux la) continue à nous faire rêver.
Le seul reproche (milles pardons pour mon exigence) : trop court…
Wou...ow
Quelle imagination mon beau Pal... Tu sais moi qui suis musicienne, je me sens encore plus touchée par ton histoire... tu sais... j'ai l'impression de l'avoir rencontré, la dame en blanc et de la chercher en vain dans les passages couverts de Paris... C'est très beau, écrit de main de maître (sans jeu de mots) sourire... j'ai hâte de lire la suite.... Bisouxxxxx
Ebahi !
Salut vieux frère !
Il va falloir vraiment que je scrute tes textes avec assiduité car il y a matière ! En terme de "passage" je vais te citer un grand, un énorme écrivain... élevé dans un passage : Louis Ferdinand Céline !
"Moi, j'ai été élevé au passage Choiseul dans le gaz de 250 becs d'éclairage. Du gaz et des claques, voilà ce que c'était, de mon temps, l'éducation. J'oubliais : du gaz, des claques et des nouilles. Parce que ma mère était dentellière, que les dentelles, ça prend les odeurs et que les nouilles n'ont aucune odeur".
Dans "Mort à crédit" Céline transforme le passage Choiseul en Passage des Bérésinas, qui est devenu un lieu symbolique, une sorte de cour des Miracles.
A plus et j'attends une prochaine vidéo !
j'aime toujours autant, après mon retour de voyage, je continuerai à te lire!
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